Le petit orage du week-end dernier a fait la tournée d’arrosage a ma place et m’a permet de prendre le temps d’une matinée afin de mettre à jour ce carnet de bord. J’ai pris le temps de revoir complètement mon projet et sa planification et je vais donc pouvoir vous préciser les nouvelles modalités de ce début de saison.
Avant de rentrer dans les détails du second chapitre de « comment monter une ferme en quelques mois en partant de zéro », je tiens à remercier chaleureusement les 30 mangeurs et mangeuses qui soutiennent cette installation en me faisant confiance sans avoir encore vu l’ombre d’une fane de carotte. Même l’objectif initial de 60 paniers n’est atteint qu’à la moitié, je vais clôturer les inscriptions aujourd’hui. Compte-tenu du retard accumulé et de l’intensité de travail encore nécessaire en parallèle de la production agricole, je prend la décision de réduire la voilure de cette première saison pour chouchouter les paniers de ces premiers soutiens ! Si tout continue à très bien se passer dans la serre, je devrais crouler sous les tomates auquel cas je ferai des cagettes en drive à la ferme !
J’ai fais le choix de développer cette plateforme afin d’avoir un canal de communication plus intimiste que les réseaux sociaux donc je me permet de jouer la carte de la sincérité avec vous: je fais face à une charge de travail plus conséquente que prévue. Autant j’avais anticipé la difficulté de cette première année en planifiant une « petite saison » de production, autant j’ai négligé bien des aspects dans ce que signifie monter une ferme en partant d’une page blanche, notamment le fait d’être installé en individuel. Je suis à la ferme 7 jours sur 7 et plus de 8h par jour depuis le mois de février et malgré les précieux coups de main que je reçois fréquemment je n’ai pas encore réussi à rattraper le train de la belle saison alors que nous sommes déjà à la moitié du mois de mai.
On commence donc par les moins bonnes nouvelles: je vais avoir du retard sur la date de démarrage de la saison initialement annoncée. Sur le papier, les cycles de croissance des variétés que j’avais sélectionné permettaient un démarrage des récoltes à cette période mais j’ai mal anticipé l’influence des variations hygrothermométriques sur ces cycles. L’absence de tunnels autre que celui prévu pour les solanacées et malgré de nombreuses différentes tentatives de forçage au tunnel « nantais » je n’ai pas réussi les cultures précoces en semis-directs: les carottes sur lit de compost ont tardé à lever et se sont faite rattraper à toute vitesse par les adventices, m’obligeant à basculer vers un autre itinéraire technique, un peu moins agroécologique puisque qu’avec une étape de désherbage thermique au gaz mais qui devrait m’assurer désormais de belles planches (la nette progression entre la troisième et la première planche est déjà motivante). La première planche d’haricot nain n’a tout simplement pas levée par manque de constance dans la température puis, la deuxième tentative sous tunnel est devenue la cantine privilégiée de tous les gastéropodes du coin, ne laissant que des tiges dépasser du sol !
Maintenant, les bonnes nouvelles: l’ouverture des jardins-maraîchers suit son cours et la version 2025 du système de production va être finalisée cette semaine. S’en suivra un grand chantier participatif de plantation des haies de Miscanthus et de semis à la volée de la prairie fleurie. La grande serre a été terminée (dans la douleur… plus de 300 boulons et vis…) et j’ai pu y transplanter à temps les 400 pieds de tomates et les 200 aubergines qui s’épanouissent joyeusement dans leur nouvelle maison (quelles privilégiées celles-là, deux déménagements en moins de deux mois, pour toujours plus grand !). Les tomates sont remplies de fleurs et commencent à être pollinisées et les premiers fruits commencent à se développer dans les rangs Les courgettes, laitues, oignons blancs et betteraves se sont émancipés en plein-champ et je transplante le basilic et reprend les semis-directs aujourd’hui.
Merci encore de me soutenir dans cette aventure magnifique mais éprouvante, je termine la mise en place de la saison et je vous convie très bientôt à une porte ouverte pour découvrir cette ferme qui aura poussée en quelques mois et vous livrer vos premiers paniers.